La cardiomyopathie hypertrophique féline (CMH ou plus couramment abrégée HCM en anglais) n'est pas une maladie cardiaque mais un syndrome, commun à de nombreuses maladies (cardiaques ou non).
Certaines formes peuvent être d'origine génétique.

La HCM se traduit chez le chat par un épaississement des parois du coeur (muscles papillaires, myocarde) ce qui l'empêche, au fur et à mesure, de remplir son travail de pompe.

Ce syndrome évolue de façon variable selon les individus entre quelques mois et plus de quinze ans, parfois de façon très déroutante, pouvant aller jusqu'à une normalisation des structures cardiaques dans certaines formes.
Si ce syndrome touche toutes les races de chats, y compris les chats communs (dits de "gouttière") certaines races sont plus exposées et notamment : le Maine coon, le Ragdoll et le Sphynx.

Cet état de fait a conduit a suspecter, comme chez l'Homme ou d'autres espèces animales, que certaines formes pouvaient avoir un support génétique.

Causes

Toutes les causes de HCM ne sont pas identifiées.
La plupart des HCM sont la conséquence d'une maladie générale comme : l'hypertension, l'insuffisance rénale chronique, l'hyperthyroïdie, …
En cas de suspicion de HCM, il faut donc commencer par rechercher une maladie générale.

Les formes génétiques

Elles ne sont pas aussi fréquentes qu'on le lit parfois et seules certaines mutations dans certaines races sont à ce jour connues.

Les protéines ne peuvent alors plus agir correctement lors de la contraction du muscle.
Pour compenser, le corps produit plus de protéines pour contracter le muscle, mais seul environ la moitié de ces codons ne sont pas mutés.
Ceci entraine un épaississement des parois du coeur.
L’allèle muté est alors dominant.
Il n’existe pas de porteurs sains de la maladie et un chat porteur de la mutation développera un HCM à un moment ou un autre de sa vie.
On ne sait pas encore prévoir à quel moment de la vie de l’animal ni en quelle intensité la maladie apparaitra car d’autres polygènes entrent en jeu.
On pense qu’ils sont liés au sexe car on a remarqué que les mâles développaient la maladie plus jeunes que les femelles mais aucune étude ne permet de le prouver.

Chez l’homme il existe plus de 130 mutations de 10 gènes sur plusieurs chromosomes différents.
Il serait donc très hasardeux de croire que le mécanisme identifié dans une race (comme le Maine Coon, par exemple) est transposable aux autres.


Symptômes

Là aussi, la situation est très déroutante, certains animaux pouvant, bien qu'atteints d'une forme grave, ne présenter aucun symptôme et aucune anomalie lors de l'auscultation cardiaque.
Cette situation explique un certain nombre de morts subites rencontrées dans l'espèce féline.

Parmi les symptômes possibles, on peut rencontrer :

  •  Fatigue rapide lors d'exercice physique,
  •  Insuffisance cardiaque (arythmie, tachycardie, souffle au coeur),
  •  Embolie ou oedème pulmonaire,
  •  Difficulté à respirer,
  •  Paralysie des membres arrières secondaire à l'embolie d'un caillot (ou thrombus) qui se forme généralement dans l'oreillette gauche très anormalement dilatée.


Au stéthoscope, le rythme cardiaque peut être tout à fait normal.
Il arrive toutefois régulièrement qu'aucun des symptômes ci-dessus n'ait été remarqué lorsque survient la mort du chat.

Mode de transmission

S'il s'agit d'une forme génétique, une transmission héréditaire existe.
Les modalités sont variables selon le type de mutation.
On peut trouver des familles entières atteintes du HCM.
Si on prend l'exemple du Maine coon, la transmission se fait sur un mode autosomique dominant à pénétrance complète mais à expression variable.

La maladie touche donc autant les mâles que les femelles et un seul des parents suffit à transmettre la maladie à sa descendance.
Tous les chats porteurs de la mutation développeront la maladie mais d’un individu à l’autre, la maladie se déclarera plus ou moins tôt et avec une intensité différente.
Il en va de même chez l'american shorthair ou le ragdoll tandis que chez le persan par exemple, elle est beaucoup moins fréquente car il s'agit de gène récessif.
Il est alors préférable d’éliminer du circuit de la reproduction tout chat dépisté positif, même si la maladie ne s’est pas encore déclarée.

Dépistage du syndrome HCM

Dès lors que les commémoratifs et l'examen clinique orientent vers l'existence d'une insuffisance cardiaque, l'examen de choix pour identifier une hypertrophie du myocarde est actuellement l'échographie cardiaque.
Si l'examen confirme la présence d'une HCM, il y a lieu alors de rechercher une cause éventuelle, notamment par le biais d'examens sanguins et d'une mesure de la pression artérielle.


Évolution


Elle est très dépendante de la cause responsable des modifications du myocarde …
Dans certains cas, lorsqu'un traitement spécifique et efficace permet de supprimer la cause (ou ses effets) une normalisation des modifications échographiques peut être observée, associée à une guérison.
En revanche, dans de nombreux cas, la maladie peut évoluer vers une insuffisance cardiaque de plus en plus sérieuse mais aussi des thromboembolies, voire une mort subite.




Page précédenteRetour haut de page
Administration